Dissidences autour de 68 ou les espoirs d’une génération trahie

12/05/2008

Le 13 novembre aura lieu le vernissage d’une exposition qui se propose de faire revivre une époque de grandes luttes, l’époque des années soixante et soixante-dix. Sous le titre de « Dissidences autour de 68 » elle réunit les caricatures et affiches de neuf artistes engagés: Pit Weyer, Leo Reuter, Anne Weyer, Robert Soisson, Berthe Lutgen, Claude Fontaine, Jos Weydert, Marc Henri Reckinger, Guy W. Stoos.

L’image parle aux sens, elle s’adresse aux masses et permet mieux que le récit anecdotique à faire entendre la tonalité particulière d’une époque et à faire comprendre le sens des révoltes et des espoirs d’une génération qui essaya de changer le monde. L’exposition dépasse en même temps les clivages qui se sont opposés à l’époque, selon qu’ils appartenaient à la période qui précéda mai 68 ou à la période des années qui succédèrent à mai 68.

Pour les artistes provenant de l’Assoss l’anticléricalisme était la première des évidences. Il s’agissait pour eux d’échapper à l’étroitesse d’esprit qui enfermait et compartimentait la société luxembourgeoise et de retrouver par l’impertinence et le sacrilège une liberté d’esprit et une ouverture sur le monde extérieur. L’anticléricalisme débouchait sur l’antimilitarisme. Le refus du service militaire obligatoire était la suite logique du refus de l’obligation religieuse imposée aux jeunes et à l’ordre moral justifiant l’ordre social.

Sur ce double refus sont venus se greffer peu à peu une prise de conscience mettant en cause l’ordre mondial dans son ensemble et une subversion des valeurs à l’origine de l’american way of life. En travaillant sur les images les artistes se révèlent être des démolisseurs d’images. Les modèles de vie imposés, le mélange d’idées morales et d’intérêts pécuniaires ne résistent pas à l’attaque. Les échecs de l’Empire à Cuba d’abord, au Vietnam ensuite ne font que confirmer cet antiaméricanisme instinctif.

Après mai 68 la dissidence devient systématique. C’est le capitalisme en tant que tel qui est visé respectivement la société de consommation. La dissidence ne recule plus devant la prise de position politique et veut révolutionner tous les domaines sans se cacher l’ampleur de cette exigence révolutionnaire. Pour quelques-uns des artistes concernés les problématiques écologiques prennent déjà le dessus.

L’exposition est organisée à la Kulturfabrik par « déi Lénk » avec le soutien de l’OGB-L, du Fonds Culturel National, du Parti de la Gauche Européenne, de la FNCTTFEL, de Liberté de Conscience et du Ministère de la Culture. Elle sera ouverte au public du 14 au 30 novembre de 15.00 à 19.00 heures. Un programme d’activités complémentaires est annoncé ainsi qu’un catalogue de l’exposition.

 Exposition à la Kulturfabrik du 13 au 30.11.2008 calendrier des activités

Jeudi le 13 novembre

18.00 heures, Infoladen, Kulturfabrik
Débat avec Manfred Pohlmann (groupe Mannijo) sur « musique et engagement politique »

19.00 heures, Galerie Terre Rouge, Kulturfabrik
Vernissage de l’exposition avec les artistes, présentation par André Hoffmann (déi Lénk)

20.30 heures, Bistrot, Kulturfabrik
Soirée musicale et littéraire autour de mai 68 avec le groupe lorrain Mannijo. Jo Nousse: chant, guitares. Manfred Pohlmann: chant, guitare, épinette des Vosges. Patrick Riollet: claviers, chant. Récitation de textes et improvisations par Marc Baum et Jérôme Netgen.

Mercredi le 19 novembre

19.00, Infoladen, Kulturfabrik
« Le Black Panther Party, un défi pour une gauche du 21e siècle»
Introduction historique, film de présentation, discussion avec Ashanti Alston, ancien du Black Panther Party et de la Black Liberation Army, animateur du National Jericho Movement, organisation de soutien aux prisonniers politiques des USA.

Jeudi le 20 novembre

19.00, Galerie Terre Rouge
« Solidarité avec l’Amérique latine, hier et aujourd’hui »
Echec du Che en Bolivie en 1967, putsch sanglant de Pinochet au Chili en 1973, victoire sans partage de la pensée unique néo-libérale?
Un nouveau cycle historique est-il en train de s’ouvrir en Amérique Latine avec Chavez et Morales? Avec de nouveaux rapports de force? Une nouvelle forme de solidarité? Une nouvelle approche d’équité planétaire?
Débat avec Jean Pierre Abatti, Mike Mathias, Claude Thümmel, Jean-Laurent Redondo, modéré par Janine Frisch (déi Lénk)

Lundi 25 novembre

19.00, Galerie Terre Rouge
« Les acquis du mouvement des femmes et les dangers de son institutionnalisation »
Quelles ont été les forces du mouvement féministe pour assurer ses victoires? Peut-on parler d’une transformation profonde de la société luxembourgeoise en général et de la situation de la femme en particulier? Le gender mainstreaming actuel est-il porté par un mouvement bien médiatisé? Un mouvement féministe autonome est-il devenu superflu?
Liste des participants non encore arrêtée

Jeudi 27 novembre

19.00, Galerie Terre Rouge
« Mouvements et protestations de jeunes hier et aujourd’hui »
Forces et faiblesses des différents mouvements de jeunes: grève des lycées en 1971, mouvement pour la paix et les centres de jeunes autogérés dans les années 80, manifestation contre la carte Jumbo, « Jugend Fir Fridden a Gerechtegkeet » et lutte contre la guerre en 2003, luttes contre le projet de loi de précarisation 5611 en 2006
Débat avec Henry Grün, André Roeltgen, Gilles et Luc Ramponi, Morris Weimerskirch, modéré par Frank Jost (déi Lénk)

 
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