10 ans déi Lénk: Intervention de Roger Tirlicien
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Cher-e-s Ami-e-s,
Cher-e-s Camarades,
Par ma présence, au 10ème anniversaire de la création de Déi Lénk, aux côtés des autres partis communistes et progressistes de notre espace transfrontalier européen, de notre Grande Région, je suis venu dire, dans un contexte inédit de crise mondiale, et à la veille des élections européennes de juin 2009, l’engagement du Parti Communiste Français pour une autre Europe, notre exigence pour l’Europe Sociale, notre détermination pour l’ Europe de coopération, l’Europe des Peuples, l’Europe pour les Peuples.
Une crise mondiale profonde, dont nous ne sommes malheureusement qu’au début, qui frappe déjà et frappe durement le monde du travail et les plus fragiles, rend plus aiguë encore l'exigence de répondre à la question: en quoi l'Europe peut contribuer à faire face à la crise? Et que faut-il changer pour qu'elle puisse le faire, sinon nous courrons le grave risque des dérives populistes, de repli xénophobe qui opposent les travailleurs et les peuples entre eux et font le lit des extrêmes-droites fascistes.
La crise, sa profondeur et ses conséquences dramatiques (chômage, fermetures d'entreprises, y compris ici au Luxembourg) appelle l’urgence à se rassembler pour faire face.
C’est animé de cette volonté d’agir avec force et sans attendre que le Parti Communiste Français a pris l’initiative d’un appel à un front progressiste en France et en Europe. Et le manifeste du Parti de Gauche Européen auquel nous sommes adhérant s’inscrit pleinement dans notre démarche de rassembler toutes les forces qui s’opposent à l’Europe libérale et exigent l’Europe Sociale. Pour faire face à la crise il nous faut élire partout des députés des listes qui répondent au besoin du changement et d'union.
Changer l'Europe. Changer d'Europe.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que l’exprime avec force le Parti Communiste Français. C'était la raison même de notre opposition au traité constitutionnel que nous avons empêché ensemble, mon cher Jean-Luc, en 2005 dans un magnifique rassemblement unitaire que nous avons fait vivre en respectant la diversité des partis, des forces, des femmes et hommes de progrès, auxquels nous avons donné les tribunes nécessaires pour faire gagner le Non !
Et aujourd'hui parce que cette exigence de changement est d’une actualité brûlante et nouvelle, nous devons être à la hauteur des exigences populaires qui se font jour partout en Europe. De ce besoin de changer les règles et changer de politique, nous devons saisir cette formidable opportunité: rassembler largement pour s'opposer efficacement à la crise et créer des majorités de changement.
Oui des possibilités nouvelles apparaissent avec la montée en puissance de la contestation concrète des politiques libérales à partir de la vie quotidienne, comme l’atteste la puissante mobilisation du 29 janvier dernier en France avec à l’ordre du jour : ce n'est pas à nous de payer la crise, il faut changer de politique.
Nous avons la responsabilité politique d’entendre la colère et les attentes fortes de notre Peuple et des Peuples d’Europe qui en ont assez de souffrir des politiques libérales au service du capitalisme mondialisé. L’opportunité de remettre à plat les politiques et les traités européens est ouverte. La crise vient de le dire : le traité de Lisbonne est caduc.
Désormais, en France, ceux qui veulent une autre Europe, - au delà de ce qu'ils ont pu voter en 2005, et qui souvent se sont retrouvé dans la rue le 29 janvier ont, mon cher Jean-Luc, avec la liste unitaire et ouverte, du Parti Communiste et du Parti de Gauche, attachée au Front Progressiste Européen, une liste pour changer d’Europe.
Avec vous je formule le vœu que partout en Europe les démarches de rassemblement des forces communistes et progressistes aboutissent pour offrir aux Peuples européens de nombreux députés issus de ces listes qui portent la transformation sociale et radicale de l’Europe puissent aussi porter un pacte anti-crise européen.
Nous en avons besoin ! Oui, nous le pouvons !
Plus que jamais en portant au cœur de nos engagements le social, nous saurons faire face à la crise. Nous avons besoin d’une Europe qui protège les productions, l'emploi, l'industrie dans une logique de coopération et non de concurrence avec le monde sur des bases équitables, en mettant un terme aux inégalités sociales et du droit du travail, en garantissant des droits pour tous… je suis pour une Europe qui protège les femmes et les hommes contre le capitalisme, contre le libéralisme et le dumping social.
Un pacte anti-crise européen d’urgence vise à répondre à cette ambition.
Car la crise c’est aussi celle la concurrence libre et non faussée, dont l’exemple le plus significatif nous vient du royaume même du libéralisme avec l’intervention de l’Etat aux Etats-Unis d’Amérique, pour tenter de répondre à la crise du capitalisme. Car ce que nous vivons, c’est la crise du capitalisme et que ce n’est pas sa refondation qu’implore le Président Sarkozy qui résoudra les graves difficultés qui s’annoncent.
Au contraire, ce sont les pays qui ont des services et un secteur public puissant et des systèmes de protection avancées qui résistent le mieux à la crise, ce qui invitent l’Europe à s’inscrire dans cette logique.
Et si l’Europe ne peut répondre c’est qu’elle est enfermée, que dis-je, emprisonnée par la politique de la BCE et du pacte de stabilité, qu’il nous faut abolir.
L’argent doit revenir à celles et ceux qui produisent les richesses et pour cela, au cœur de l’Europe, il ne saurait y avoir d’exception bancaire qui laisserait la place aux trafics internationaux de toutes natures venir se blanchir dans des paradis fiscaux.
En effet ni les banques, ni les entreprises ne sont nos ennemies tant qu'elles jouent le jeu du développement, du crédit encadré pour l'économie réelle. Ce qui est condamnable, c'est l'accumulation de capitaux à un pôle conduisant à la pauvreté à l'autre pôle de la société. C’est tout le sens de la proposition du Parti Communiste Français d’un pôle public bancaire et de la finance. Tout comme nous avons dans le cadre d’un pacte anti-crise européen d’urgence à penser à un pôle industriel public à vocation européenne qui permette d’en finir avec un énième plan de casse sidérurgique et de construire une réponse industrielle appropriée pour notre Grande Région, pour l’Europe et le Monde.
Et ici à Esch je ne saurais faire l’impasse sur Belval. S'agissant de Belval-Alzette 2015, c'est une belle et utile réalisation qui se construit et à laquelle nous entendons participer par extension du coté français. Nos élus, communistes en particulier, travaillent à la constitution d'un Groupement économique de Coopération Territoriale (GECT) dont nous voudrions qu'il voit le jour dans les plus brefs délais permettant de concrétiser dans les faits nos volontés de coopérations transfrontalières
Voilà ce que nous entendons par " Construction Européenne, coopération, Europe des peuples........
Comme pour les 60 000 travailleurs frontaliers, nous entendons non seulement apporter une réponse pertinente sur la question des transports et de la mobilité avec le SMOT auquel travaille ardemment notre camarade Patrick Hatzig, Vice-président du Conseil Régional de Lorraine, délégué aux transports et infrastructures, mais nous réclamons également une dotation croisée transfrontalières pour des échanges équilibrées à caractère financier entre nos territoires.
Et l’Europe c’est aussi la Paix !
Nous voulons l’Europe de la paix ! Nous voulons l’Europe active pour la paix au Proche-Orient, alors que la guerre a alimenté la droite en Israël. L’Europe doit agir plus activement encore et plus concrètement pour une paix juste et durable. La paix au Proche-Orient passe par la coexistence à côté d’Israël, de l’Etat Palestinien, car pour Deux peuples : deux Etats!
D’autant qu’avec l'échec de Bush et l'arrivée d'Obama, une nouvelle opportunité s’ouvre pour une Europe dégagée de la tutelle américaine. L’Europe doit agir, à travers le monde, pour en finir avec les guerres. Aussi je dénonce la décision de Sarkozy pour la réintégration dans l'Otan, qui marque un recul sans précédent de l’indépendance de la France pour agir pour la Paix au niveau international, et tirer l’Europe vers le haut.
Les forces pacifistes et progressistes européennes ont la capacité à faire échouer cette logique politique et militaire de soumission à la pax americana en participant et faisant participer massivement à la manifestation contre l'Otan du 4 avril à Strasbourg pour une Europe de paix , pour un système de sécurité commune et pour une relance du désarmement nucléaire.
Cher-e-s Ami-e-s et Camarades,
Oui vraiment plus que jamais une autre Europe est possible. Ensemble construisons cette belle Europe !
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